Voyager, en vert et contre toute pollution
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Environnement

C'est une tendance mondiale et les Romands n'échappent pas à la règle: la santé de la planète préoccupe. Entre souci d'image et réelle prise de conscience, les acteurs de l'industrie du voyage - transporteurs, tour-opérateurs, hôteliers - proposent de plus en plus de formules «vertes». Autant de solutions nouvelles offertes aux vacanciers pour voyager propre cet été.
Il y a de quoi devenir schizophrène. Trier ses déchets de janvier à décembre et passer deux semaines de vacances dans un hôtel qui envoie des tonnes d'ordures en vrac à l'incinérateur. Opter tous les jours pour le covoiturage et, le mois d'août venu, monter dans un avion qui, en quelques heures de vol, pollue plus qu'une voiture en une année. Bref, réduire des mois d'efforts à néant pour quelques jours de détente.
De plus en plus relayés par tous les médias, les chiffres ne laissent en effet plus personne indifférent: la flotte aérienne mondiale est responsable de 2% des émissions de CO2 dans l'atmosphère. Et un gramme sur dix de ce même gaz - qui contribue largement à l'effet de serre - sort du pot d'échappement d'une voiture.
A l'heure où l'écologie est dans tous les esprits, c'est le casse-tête au moment des départs en vacances: comment concilier voyage et respect de la planète?
Conscients de cette préoccupation croissante chez leurs clients, les acteurs de l'industrie du voyage proposent de plus en plus de solutions «propres»... ou moins sales en tous les cas. Tour d'horizon.
Compensez votre CO2 . Pour visiter un pays lointain, la meilleure solution reste l'avion. Pollution garantie? Pas forcément. De nombreuses compagnies d'aviation - Delta, Virgin Blue, SAS, Cathay Pacific, British Airways, Air Canada ou Continental, pour ne citer que les pionnières - ont mis en place des programmes de compensation pour le CO2 rejeté par leurs appareils. Elles proposent à leurs clients de verser quelques francs supplémentaires à l'achat d'un billet d'avion pour financer des projets écologiques: replantage d'arbres, encouragement de l'utilisation d'énergies renouvelables, etc.
Une logique sur laquelle repose également Myclimate. Cette fondation suisse issue de l'EPFZ invite sur son site Internet les Suisses à calculer et compenser les émissions de dioxyde de carbone que génèrent leurs trajets en voiture ou en avion.
En quelques clics, on apprend par exemple que celui qui fait un vol aller-retour Genève-Athènes «rejette» 0,617 tonne de CO2. Pour compenser, il peut acheter un «ticket Myclimate» en ligne. Les 27 francs qu'il lui en coûtera financeront des projets en Suisse ou à l'étranger.
D'autres compagnies, comme Flybaboo, préfèrent miser sur la réduction de leur consommation de carburant. «L'avion que nous venons d'acheter consomme moins de la moitié de ce que consomme un Jumbolino de Swiss pour le même temps de vol et la même distance», explique Julian Cook, le patron de la compagnie suisse.
De son côté, Easyjet - qui lancera bientôt un programme de compensation - a révélé jeudi sa botte secrète pour 2015: un «Ecojet» deux fois moins polluant que les avions les plus modernes (lire l'encadré).
Airbus n'est pas en reste, puisque l'avionneur s'est fixé comme objectif une réduction de 50% des émissions de CO2 de ses appareils d'ici 2020.
Prenez le train! En attendant, l'avion n'est pas le seul moyen de voyager. «Si vous restez en Europe, prenez le train et profitez pour découvrir le paysage», lance la fondatrice d'Ecologie libérale, Isabelle Chevalley. À distance égale, le train rejette 35% de CO2 en moins par passager que l'avion. Ce qui n'empêche pas les compagnies ferroviaires d'apporter leur pierre à l'édifice écolo. En France, la SNCF a lancé l'année passée son propre programme de compensation. Et en Angleterre, le patron de Virgin Trains, Richard Branson, envisage de faire rouler ses locomotives au biodiesel.
Trouvez un hôtel «propre». Et l'hébergement dans tout cela? Là encore, il existe des solutions écologiques. Chacun des deux grands tour-opérateurs du pays a la sienne.
Kuoni a décerné le «Green Planet Award» à 10% des hôtels avec qui il travaille. Une récompense pour les établissements les moins gourmands en énergie et les plus respectueux de l'environnement. A ce jour, quelque 140 hôtels et opérateurs de croisières l'ont reçu.
Hotelplan, quant à lui, attribue un «Prix de l'environnement» qui obéit à la même logique. Selon le porte-parole du voyagiste, Alain Paccaud, «entre 300 et 400 hôtels l'ont reçu».
Au niveau politique, l'Union européenne propose depuis 2003 son «éco-label» aux établissements qui respectent une liste de 27 critères d'économie d'énergie et de réduction des déchets. Quelque 91 hôtels ont été «écolabellisés», dont 6 en Suisse.
Roulez vert. Si vous louez une voiture sur le lieu de vos vacances, vous pouvez encore choisir un véhicule «vert». Hertz a lancé en septembre 2005 sa «Green Collection». Des dizaines de milliers de véhicules économiques et écologiques sont ainsi disponibles en Europe et aux Etats-Unis. Son concurrent, Avis, n'est pas en reste. Depuis 1999, un partenariat avec The Carbon Neutral Company, permet aux clients d'Avis de contribuer à hauteur de 2 fr. 50 à un programme de compensation du CO2 au moment de la réservation.
Restez en Suisse. Choisir de passer ses vacances en Suisse reste la plus écologique de toutes les options. «La Suisse est l'un des pays les plus avancés en matière de tourisme écologique, estime Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme. En tout cas du point de vue de la mobilité, grâce à tout le réseau de transports publics et à l'offre étendue de vacances en deux-roues et de randonnées à pied.» Le Swisspass - malheureusement réservé aux touristes étrangers - permet par exemple de monter dans n'importe quel train, bateau ou car postal pendant un mois pour 566 francs.
Et l'offre d'hébergement vert existe aussi en Suisse. «Notre programme «Suisse pure» récompense les établissements et les activités les plus respectueuses de l'environnement qui participent au développement durable des régions périphériques, poursuit Véronique Kanel. Trente-huit offres sont disponibles sur notre site Internet.»
Cumulées, toutes ces initiatives sauveront-elles la planète? Probablement pas. Mais elles allégeront nos consciences. C'est déjà ça de pris.
Alexis Favre - Le Matin Dimanche